Algérie : un quatrième mandat au détriment du peuple

Soraya Senouci, correspondante en Algérie
22 Mars 2014



A la veille d'un hypothétique 4ème mandat, Abdelaziz Bouteflika apparaît très affaibli et sous emprise. Le peuple algérien souhaite le changement


Les mois précédents ont fait plus de bruit concernant la probable candidature de l’actuel président Abdelaziz Bouteflika, que celles de ses probables adversaires. Le 3 mars Abdelaziz Bouteflika a déposé son dossier  de candidature, après avoir réuni pas moins de 3 millions de signatures sur les 60.000 requises afin de pouvoir se représenter. Décision de dernière minute, ou bien décision assidûment préparée ?
 

Il est dur de croire que personne ne l’avait vu venir. Au courant de l’année précédente, le premier Ministre Abdelmalek Sellal, a commencé les visites des 48 Wilayas du territoire afin, officiellement, de suivre un programme imposé. Parmi ces dernières visites au mois de novembre dernier, la Wilaya de Relizane, où il avait prononcé cette fameuse phrase aux micros des médias : « Nous ne sommes pas en compagne ! ». C’est pourtant tout le contraire que ces visites effectuées laissaient croire. Et c’est bien d’une totale ironie que quelques petites semaines plus tard lors d’une visite à la Wilaya de Ain-Temouchent au mois de décembre, peu avant son arrivée au Centre Universitaire, qu’une banderole à l’effigie du Président fût déployée sur la partie de l’édifice la plus haute, faisant face aux médias, ainsi que des t-shirts toujours à l’effigie du Président, furent distribués à l’abri des regards par les forces de l’ordre encadrant les alentours loin de la foule.

Apparu depuis déjà un bon nombre d’années affaibli, et plus encore au cours de l’année précédente, où ses apparitions sur les chaines de l’Etat le montraient, très épuisé physiquement, en chaise roulante, ne pouvant à peine murmurer quelques mots. Ayant été hospitalisé au Val-de-Grâce, suite à un AVC et d’autres problèmes de santé à plusieurs reprises, il est clair et évident que l’actuel Président, Bouteflika, n’est pas apte à tenir pendant encore 5 ans de plus au pouvoir.

Mais, nul n’ignore que les décisions importantes ne lui appartiennent plus, et sont prises par ses proches, dont Said Bouteflika, son frère, que l’on ne voit que rarement, et agit en toute discrétion en servant ses intérêts, et ceux de ses « proches », placés de part et d’autre au pouvoir. Il semble que cette décision de candidature n’émane pas du principal intéressé. Un Président malade à la tête du pays comme figurant sert clairement leurs intérêts.

Le peuple algérien en quête de changement

Le peuple algérien n’est pas dupe, les citoyens dénoncent un régime corrompu, et ce dès le lendemain de l’annonce de sa candidature par le Premier Ministre, une poignée  de personnes a manifesté dans les rues de la capitale, pancarte à la main : « NON au quatrième mandat », dispersée par les autorités. Quelques jours plus tard les manifestants étaient beaucoup plus nombreux, toujours pacifiquement, scandant leur rejet du pouvoir et leur désir de changement. Mais cette fois-ci les autorités ont procédé à leurs arrestations violement, les empêchant de communiquer avec les journalistes. Les réseaux sociaux s’enflamment suite à de tels agissements, les informations sont relayées en temps réel par ceux présents sur place et l’indignation augmente de jour en jour, les jeunes – qui sont majoritaires – se retrouvent privés de leur droit le plus fondamental, la liberté d’expression.

Le peuple n’est pas rancunier, et a élu démocratiquement A. Bouteflika pour son tout premier mandat en 1999. Beaucoup de changements positifs ont été effectués, les années noirs face au terrorisme sont pratiquement révolues et loin de ce qu’elles étaient il y a 20ans, le niveau de vie s’est considérablement amélioré depuis son arrivée, le pays a un poids plus conséquent sur la scène politique internationale. Abdelaziz Bouteflika serait réélu les yeux fermés par tous les votants si sa santé le lui permettait comme les fois précédentes.

Le mouvement commence à se propager sur tout le territoire, et les Wilayas voisines, et ne fait qu’accroitre. Tous laisse à croire que ce n’est que le début d’un mouvement mis en œuvre pour obtenir enfin un changement. 

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1.Posté par jamelli le 25/03/2014 10:13
Il est grand temps que A. BOUTEFLIKA se retire de la politique et de se faire une retraite plus apaisante. M. A. Bouteflika est au stade de ne plus pouvoir gérer un pays en émergence .Bien sur qu'on doit le remercier pour le rôle qu'il a joué et sur le plan national que international depuis la prise du pouvoir mais hélas depuis ses problèmes de santé ce n'est plus lui qui gère mais son entourage ,et,qui en profite pour son propre intérêt sans se soucier de la situation du pays et de son peuple.La corruption a atteint son paroxysme et a tous les niveaux sociaux. Une éducation sans niveau, une jeunesse sans structure de formation et de travail,une culture floue ou il n'existe pas de salle de cinéma ou peu de théâtre et des espaces sportifs quasi inexistant.