La scientologie reconnue comme religion au Royaume-Uni

18 Décembre 2013


Ce mercredi 11 décembre 2013, l’Angleterre a reconnu l’Église de scientologie comme une religion, suite à la décision de la Cour Suprême du Royaume-Uni. Louisa Hodkin, à l’origine d’une plainte contre les autorités juridiques, pourra donc se marier dans son église scientologique à Londres.


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Louisa Hodkin, jeune femme d’aujourd’hui 25 ans née dans une famille scientologue, avait exprimé, en 2011, son désir de se marier avec son conjoint Alessandro Calcioli. Les autorités juridiques ont alors refusé de reconnaître comme légal son mariage prévu puisque l’Église de scientologie ne figure pas sur la liste des religions officielles de l’Angleterre.

Au Royaume-Uni, la législation concernant les mariages est différente de celle de la France. Alors qu’en France seul le mariage civil a une véritable valeur auprès de l’État, en Angleterre, le mariage religieux a une valeur civile dès lors que les ministres du culte sont inscrits au registre officiel. Si ces ministres ne sont pas inscrits et unissent des couples sans autorisation, le mariage n’a plus de valeur légale. Dans le cas contraire les ministres pourront remplir les documents qui rendent le mariage valide au regard de l’État. Louisa Hodkin, qui souhaite que son mariage à l’eglise de Victoria Street, à Londres, soit reconnu, a alors entamé une bataille juridique au motif que l’Église de scientologie est un lieu de culte comme les autres.

Un culte très onéreux

Pourtant la scientologie n’était pas acceptée comme une religion par le Royaume-Uni avant ce mercredi. La définition de la religion était encore basée sur la décision de la Cour Suprême de 1970. A cette époque, la cour avait examiné un cas semblable à celui de Louisa Hodkin, et avait refusé que le mariage soit légal au motif que la religion devait être la « vénération de Dieu ou d’un être suprême ». Or cela n’est pas le cas de la Scientologie. L’Église de Scientologie, créée par Ron Hubbard en 1953 aux États-Unis, croit en l’homme et en sa capacité à résoudre par lui-même ses propres problèmes afin de vraiment comprendre leur nature spirituelle. Mais chaque étape de l’avancement spirituel est payante. L’Église est donc classé comme une secte dans beaucoup de pays notamment la France et l’Allemagne. La scientologie reconnait tout de même 12 millions d’adeptes à travers le monde.

La bataille juridique de Louisa Hodkin a fini par la mener à la Cour Suprême du Royaume Uni. Et 43 ans après sa décision d’exclure la scientologie de la religion, la Cour est revenue sur son jugement. Les 5 juges de la Cour Suprême affirment alors que la religion moderne « ne devrait pas être limitée aux seules croyances comportant la notion de divinité suprême ». Avec cette nouvelle définition de la religion, l’Église de scientologie est donc reconnue au Royaume-Uni.

Cependant, la décision de la Cour Suprême ne s’arrête pas à l’union de Louisa Hodkin et Alessandro Calcioli mais pose d’autres problèmes au Royaume-Uni. Ainsi le statut de religion au Royaume-Uni permet des exonérations fiscales ce qui inquiète le gouvernement anglais et les contribuables. Depuis 2000, la scientologie est déjà exonérée de TVA au Royaume-Uni car elle a convaincu « Revenue & Customs » que ses actions étaient non rentables et à des fins éducatives. De même la Corporation de la Cité de Londres a accepté que l’Eglise de Scientologie ne paye qu’un cinquième des taux habituels sur son siège de Londres, près de la cathédrale Saint- Paul. Si chaque ville et comté de l’Angleterre décidait jusqu’à aujourd’hui si l’Eglise de scientologie devait être exonérée de charges ou non, le fait qu’elle soit depuis mercredi classée comme une religion pourrait obliger le pays l’exempter de charges fiscales.

Par ailleurs, au même moment, la France a condamné cette Église qui divise profondément les pays occidentaux. Le 16 octobre dernier, les deux principales structures françaises de l'Église de scientologie (la librairie SEL et le Celebrity Centre) ont été définitivement condamnées par la cour de cassation, à des amendes de 200 000 euros à 400 000 euros pour « escroquerie en bande organisée».