Le plan de sauvetage de Presstalis ne convainc pas

30 Septembre 2012


Le distributeur de presse MLP refuse de financer à trop grande échelle la dette de son concurrent direct, Presstalis.


Le jeudi 13 Septembre dernier, se sont réunis les organes ayant trait à l’actuelle crise de la distribution dans le domaine de la presse. Le but était de proposer un plan de sauvetage de l’entreprise Presstalis, spécialisée dans la distribution de la presse quotidienne.

La seconde grande entreprise de distribution presse française, MLP (Messageries Lyonnaises de Presse), est censée contribuer très largement au sauvetage de son concurrent. Aussi a-t-elle exposé un projet de restructuration général du secteur, dit « Plan Neodis ». L’objectif pour les MLP était d’éviter une péréquation financière trop lourde. Autrement dit, l’entreprise souhaitait restreindre son engagement dans le financement de la dette de son concurrent direct. Mais le Conseil Supérieur des Messageries Presse (CSMP), véritable CSA de la distribution, a coupé court aux discussions.

Si l’on en croit le plan de sauvetage imposé par le CSMP, la péréquation financière, c'est-à-dire le financement de la dette interne à l’entreprise Pressalis par son concurrent, les MLP, s’élèverait donc à 21,6 millions d’euros par an censé financer les coûts trop élevés de la distribution de la presse quotidienne nationale. A cela, s’ajouterait une péréquation sur les coûts historiques d’un minimum de 46 millions d’euros annuels.

Le 13 Septembre dernier, lors de la réunion annuelle de rentrée des MLP, le directeur général, Patrick André, s’était insurgé contre l’obligation pour son entreprise d’assurer le financement de ces coûts historiques. Il avait attribué l’existence de cette dette historique à la trop grande flexibilité proposée jusqu’alors par Presstalis à ses clients, leur fournissant un cahier des charges très personnalisé sans coûts supplémentaires.

Les MLP ont prévenu leurs éditeurs qu’ils allaient faire une demande de recours face à cette décision du CSMP. Si ce plan était toutefois adopté, les éditeurs de chez MLP (notamment Le Point) verraient leurs coûts de distribution augmenter, ce qui risquerait de se reporter sur le prix des journaux et magazines. Par ailleurs, rappelons que Presstalis est sur le point d’engager un plan de licenciements massif prévoyant 1 000 suppressions de postes sur 2 500 postes occupés actuellement. L’enjeu est donc de taille.



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