Mamadali Makhmudov, fin du chapitre prison

La rédaction de FranceKoul.com
23 Avril 2013


Le 19 avril dernier, Mamadali Makhmudov, auteur du roman « Pierres Immortelles », a été libéré, après 14 ans de détention.


L’écrivain Mamadali Makhmudov (aussi connu sous son nom de plume Evril Turon) a été libéré le 19 avril, au terme d’une détention longue de 14 ans. Né en 1940, citoyen ouzbek et ancien président de la Fondation Culturelle ouzbèke, il fut le leader du mouvement « Turkestan », fondé par des intellectuels ouzbeks et actifs de 1989 à 1993. Il a été lauréat du prix international Hellman/Hammett pour son roman « Pierres Immortelles », traduit en français et publié en 2008 par la maison d’édition l’Aube.

Arrêté le 26 février 1999, Mamadali Makhmudov a été condamné le 18 août 1999 à quatorze ans de prison par le tribunal de Tachkent pour troubles à l’ordre constitutionnel, association publique illégale et association de malfaiteurs. Il a purgé une partie de sa peine dans une colonie pénitentiaire de la ville de Tchirtchik, avant son transfert à la prison de Tachkent. Dénoncé par Amnesty International, cet emprisonnement s’est fait sur la base de fausses accusations, Mamadali Makhmudov affirmant avoir été soumis à la torture afin de lui soutirer des aveux. En 1994, de la drogue et des prospectus du parti Erk furent trouvés sur lui, probablement mis en place par les autorités ouzbèkes.

Sa peine de prison s’est achevée le 16 février dernier, mais l’écrivain, âgé de 72 ans, a été de nouveau condamné à trois ans de prison pour désobéissance lors de sa détention, finalement innocenté en appel. À 19 heures, il franchit enfin le palier de sa maison, et rencontra pour la première fois ses cinq petits-enfants.

Plusieurs associations dont Reporters Sans Frontières et Amnesty International ont, à travers le cas de Makhmudov, pointé du doigt les féroces mesures de rétorsion dont sont victimes en Ouzbékistan certaines catégories de prisonniers, tels que les défenseurs des droits de l’Homme, les prisonniers politiques, critiques du gouvernement et les membres de partis et groupements islamiques bannis en Ouzbékistan. Ces détenus sont souvent victimes de traitements dégradants en prison, et leurs sentences étirées indéfiniment sous prétexte d’infractions aux règles pénitentiaires. Amnesty International en particulier dénonçait l’existence d’un harcèlement de longue date des défenseurs des droits de l’Homme en Ouzbékistan.