Opération épervier : une nouvelle vague de condamnations

17 Octobre 2012


La justice camerounaise a de nouveau sévi dans le cadre de l’opération épervier, cette vaste opération initiée par le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, en vue de lutter contre la corruption et les détournements de fonds publics, phénomènes qui gangrènent gravement le pays.


C’est le fait qui domine l’actualité au Cameroun depuis bien des jours : la condamnation à la prison ferme d’anciens grands barons du régime camerounais. En effet, de grands ex-collaborateurs de Paul Biya, arrêtés dans le cadre de l’opération épervier, ont été condamnés à des dizaines d’années de prison après des procès tenus au sein des tribunaux camerounais. Le 4 octobre dernier, l’ancien ministre secrétaire général à la présidence de la République, Titus Edzoa, et son collaborateur Michel-Thierry Atangana, accusés de détournement de fonds publics, ont été condamnés par la justice camerounaise à 20 ans de prison ferme. Il faut rappeler que ces derniers avaient déjà purgé 15 ans de prison ferme pour le même motif.

Par ailleurs, le 22 septembre dernier, le tribunal de Grande instance du Mfoundi à Yaoundé a condamné à la prison cinq personnalités camerounaises dans la fameuse affaire « Albatros », affaire concernant l’achat d’un avion présidentiel. Il s’agit d’abord de Marafa Hamidou Yaya, ex-ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, qui a écopé de 25 ans de prison ferme pour « détournement en co-action de la somme de 29 millions de dollars », d’après la justice camerounaise. Le second condamné est Yves Michel Fotso, ancien Directeur de l’ex compagnie aérienne Camair, qui reçoit la même peine. Jean-Marie Chapuis, ancien directeur général de la Commercial Bank Cameroon (CBC), et sa collaboratrice Geneviève Sandjon, sont les troisième et quatrième condamnés. Ils ont écopé chacun de 15 ans de prison. Julienne Komnang, cinquième condamnée, ancienne directrice adjointe de la CBC,  a reçu quant à elle 10 ans d’emprisonnement. Qui plus est, les condamnés devront verser à l’Etat camerounais la somme de 21,3 milliards de Francs CFA (32,4 millions d’euros) de dommages et intérêts.

La France, par la voie de son ambassadeur au Cameroun, a fait part de sa préoccupation quant à la condamnation du franco-camerounais Michel-Thierry Atangana. Ce qui a reçu une réaction de mise au point du gouvernement camerounais, par la voie de son ministre de la communication, Issa Tsiroma. Cette nouvelle vague de condamnations intervient après celle de 2007.



Correspondant à Douala, au Cameroun, pour Le Journal International. En savoir plus sur cet auteur