Pour une autre politique face à la crise financière et économique

5 Septembre 2012


L’austérité gravée dans le marbre de la Constitution ou la sortie de l’euro, il faut choisir ! Voilà les seuls termes du choix que semble nous laisser le débat public, selon la vieille méthode qui veut que pour vous faire accepter une chose dont vous ne voulez pas, on vous en propose une dont vous ne voudriez pour rien au monde. Mais avant d’envisager des solutions aussi extrêmes que ces deux-là, le philosophe et économiste Francisco Vergara nous invite à faire appel à notre imagination pour trouver des alternatives.


"Aujourd'hui aussi, il n'y a aucune raison pour qu'un peuple qui veut maîtriser sa dépense globale réduise les achats de biens et services produits et échangés localement. On pourrait, parmi d'autres idées, réfléchir au versement temporaire d'une partie des salaires sous la forme de "monnaies complémentaires" servant uniquement à l'achat de biens et services dont on ne voudrait pas voir la production locale s'effondrer." (Francisco Vergara, « Rendre l’austérité supportable, c’est possible », Le Monde « Eco & Entreprise » du mardi 4 septembre 2012)

Et de fait, nous n’avons pas besoin de chercher bien loin : les expériences de monnaies locales complémentaires sont multiples en France. Pour n’en citer qu’une, le SOL (Site internet du réseau SOL : http://www.sol-reseau.org)a été lancé en 2005 avec l’objectif de donner une dimension sociale et solidaire à l’économie. Il s’agit d’une monnaie fondante, c’est-à-dire qu’elle perd de sa valeur au fil du temps, ce qui restreint les possibilités d’accumulation et de spéculation. Les monnaies locales n’ont pas vocation à remplacer l’euro, mais face aux risques majeurs que fait peser l’assujettissement de la monnaie unique aux marchés financiers, l’enjeu est aussi bien économique qu’écologique et démocratique.
 



Journaliste spécialiste des questions économiques. En savoir plus sur cet auteur