Pourquoi la mort de Chavez change la donne

6 Mars 2013


Hugo Chavez est mort mardi 5 mars des suites d’un cancer. La disparition du président vénézuélien, au pouvoir depuis 14 ans, déstabilise le pays et redistribue les cartes.


Hugo Chavez est mort mardi 5 mars en fin d’après-midi des suites d’un cancer, à l’âge de 58 ans. Le décès du président vénézuélien a été annoncé par le vice-président Nicolas Maduro. Chavez laisse un pays dans l’incertitude. Une incertitude autant sociale qu’économique. 

Le retour d’une cohésion sociale ?

Se revendiquant de la révolution bolivarienne, le fondateur du Mouvement cinquième République prônait un socialisme du XXIe siècle. Il avait multiplié les réformes d’inspiration socialiste, avec de nombreuses nationalisations d’entreprises et la création du « référendum révocatoire », qui donnait au peuple le pouvoir d’exprimer son mécontentement contre un élu, y compris le président, et de le révoquer. 

Hugo Chavez, au pouvoir depuis 1999, avait été réélu pour un quatrième mandat en octobre dernier. Sa dernière élection avait réduit à néant les espoirs des partisans d’Henrique Capriles, qui voyaient en Chavez un puissant dictateur populiste empêchant toute réformation du pays. Le décès du président vénézuélien pourrait bien changer la donne et laisser la voie libre à Primero Justicia, parti de centre-droit de l’ex-candidat perdant. Selon la constitution, les Vénézuéliens seront appelés aux urnes dans un délai de 30 jours. 

Si le peuple vénézuélien est sorti particulièrement divisé des dernières élections (l’opposition avait alors enregistré son plus haut résultat), une nouvelle cohésion pourrait naître du cet événement funèbre. L’avenir social et politique du Venezuela est désormais à un carrefour. 

Une économie florissante... En apparence

Après la mort du président, le futur économique du pays n’est pas assuré. Chavez se ventait d’avoir fait du Venezuela un pays intégré sur les marchés économiques globaux. En échangeant avec Cuba le pétrole de son Etat contre des soins médico-éducatifs, il semblait bien avoir profité des ressources du pays au profit de son peuple. 

Pourtant, s’il se présentait comme le sauveur de toute une nation, il semblerait que Chavez ait surtout été acteur de la division sociale et politique du pays. Les Echos parlent de l’Etat latino-américain comme « un cas d’école du gaspillage clientéliste de la rente pétrolière ». Selon le quotidien économique, les actions sociales menées par Chavez (notamment la construction de nouveaux hôpitaux) seraient un leurre. Son action, sur le plan national comme international, a donc surtout contribué à élargir le fossé qui existait déjà entre la bourgeoisie vénézuélienne et les classes populaires. 

Par ailleurs, la mort de celui qu’on surnommait El Presidente n’est pas en passe d’améliorer les relations de son pays avec l’extérieur. Quelques heures avant le décès, Caracas s’en est pris aux « ennemis historiques du Venezuela », avançant la thèse d’un complot contre Chavez. Suite à ces accusations, deux fonctionnaires américains ont été expulsés du pays. 

Le prochain chef d’Etat aura donc toutes les cartes en main pour renouveler un pays, trop longtemps peut-être entre les mains d’un même homme.



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