Sécurité sanitaire, la nouvelle priorité des gouvernements

Selena Miniscalco et Auriane Guiot
24 Mars 2016


Alors que les virus Zika et Ebola sévissent toujours, l’OMS a rassemblé les 22 et 23 mars de nombreux dirigeants du monde autour d’une conférence sur la sécurité sanitaire à la Cité Internationale de Lyon.


François Hollande et son homologue Jacob Zuma, le président de l'Afrique du Sud, ont clôturé cet évènement le 23 mars 2016. Crédit : Auriane Guiot
« Prévenir, détecter et agir », ce sont les mots d’ordre de cette Conférence sur la sécurité sanitaire internationale. Pour l’occasion, des invités de nombreux continents ont fait le déplacement. François Hollande et Marisol Touraine étaient chargés de représenter l’État français. Ils ont accueilli Jacob Zuma, président sud-africain, Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres figures de la santé venant des Pays-Bas, du Japon ou encore de Guinée. Au programme, des conférences où chacun des orateurs n’a pas manqué de revenir sur des crises sanitaires comme Ebola et Zika ou sur les crises persistantes comme le sida.

Les continents unis face à la crise

Marisol Touraine, ministre française de la Santé est revenue sur les missions de la France à l’international. Pour elle, il faut pouvoir anticiper les crises sanitaires en préparant les professionnels de la santé à les affronter. « Il faut impliquer la population », une population parfois méfiante face à des crises sanitaires méconnues. Mais impliquer, c’est aussi prévenir. La ministre de la Santé évoque dans son discours l’importance des vaccins, et souhaite organiser une communication qui pourrait passer par les réseaux sociaux pour toucher un public très large.

Chaque intervenant n’a pas manqué de rappeler l’importance de l’OMS. « Je suis d’accord avec tout ceux qui pensent que l’OMS doit garder le leadership de la santé mondiale » déclare Awa Marie Coll-Seck, ministre sénégalaise de la Santé et de l’Action sociale après que Edit Schippers, ministre néerlandais de la Santé, des Affaires sociales et des Sports ait déclaré « c’est le moment de faire de l’OMS une priorité, de la placer au centre du débat ».

Pendant deux jours, les responsables de la santé mondiale se sont exprimés à Lyon. Crédit : Auriane Guiot
Les dirigeants et représentants de chaque pays semblent s’être mis d’accord sur l’unité à apporter face à des crises sanitaires comme Zika ou Ebola. Vytenis Andriukaitis, commissaire européen pour la santé et la sécurité sanitaire a déclaré « nous devons rester forts et ensemble. (…) Nous devons être capable de travailler ensemble et dans un climat de solidarité ».

Awa Marie Coll-Seck, a affirmé qu'il fallait « des moyens pour combattre des virus comme Ebola, des moyens nationaux. Nous devons faire les efforts pour pouvoir répondre à ces crises mêmes si nous sommes des pays en développement ». Des pays en développement que le président Hollande tient à accompagner et à soutenir : « la première priorité c’est d’améliorer les systèmes de surveillance et d’alerte et bâtir un dispositif pour identifier toutes les menaces sanitaires sur le territoire français, et ensuite le mettre à la disposition du monde ».

Prévenir et répondre aux urgences

Identifier les insuffisances, soutenir la sécurité sanitaire, pour Margaret Chan, la directrice générale de l’OMS, il est « important d’avoir la possibilité de prévenir et répondre aux urgences ». Elle rappelle que grâce à cette prévention, trois pays d’Afrique de l’Ouest  Sierra Leone, Guinée et Libéria – ont pu limiter la propagation du virus Ebola. Un virus meurtrier de retour en Guinée où cinq décès ont été constatés le 22 mars. La ministre sénégalaise constate pourtant qu’avec un peu de préparation, il est possible de contrôler le virus : « du mois de mars au mois d’août nous étions dans une période de préparation (concernant Ebola). Quand le cas est arrivé nous étions préparé. Cela nous a permis de mieux gérer la situation ».

Bien qu’Ebola ait souvent été évoqué, les dirigeants et représentants présents durant ces deux jours se sont surtout concentrés sur la menace présente, celle du virus Zika. « Nous pensions avoir surmonté la crise Ebola, en voilà une autre avec Zika » déclare François Hollande. La vitesse et les moyens de propagation ne manquent pas d’inquiéter le président dans son discours de clôture. « La menace est globale, il appelle donc lui aussi à la vigilance et à l’importance de la prévention. Contre Zika, nous sommes tous concernés et nous avons dégagé des financements ». Les équipes médicales sont au premier plan et pour François Hollande, il est important qu’elles soient formées et qu’elles puissent une fois sur le terrain transmettre leur savoir. Madame Chan appelle les États à agir de manière concrète : elle considère cette conférence comme un moyen pour « envoyer un signal politique ».