Allemagne : le nouvel adversaire de Merkel n'aime pas l'euro

26 Mars 2013


En Allemagne, un parti anti-euro s’est formé. Sa popularité croissante impressionne et étonne les médias, les partis politiques et les instituts de sondages électoraux. Mais quels sont les visages de ce nouveau parti ? Quels sont ses buts ? Est-ce un véritable adversaire pour la chancelière lors des prochaines élections ?


REUTERS/Kai Pfaffenbach
En ce moment, c’est Chypre qui bouleverse la politique financière de l’Union européenne (UE). Après le Portugal, l’Espagne, la Grèce et l’Irlande, il apparaît que le sauvetage de l’île soit la nouvelle mission du Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Un moment idéal pour un nouveau parti politique. Appelé « Alternative für Deutschland » (une alternative pour l’Allemagne), le mouvement lutte pour l’abolition de l’euro et contre la centralisation de l’UE. Le parti a été fondé en février 2013, suite à l’entrée en vigueur du MES. Ces dernières semaines, le chef du parti Bernd Lucke, un économiste de Hambourg, accompagné par les porte-parole Dagmar Metzger et Frauke Petry, se sont présentés aux médias.

Une soirée d’information dans une petite ville proche de Frankfort a suscité l’intérêt de milliers de participants et a démontré que le parti (Anti-Euro-Partei, AEP) doit être pris au sérieux. Lors d’une conférence de presse, M. Lucke a parlé d’un nombre exorbitant d’inscriptions et de mails de soutien. Leur constitution officielle est prévue pour le 14 avril, et le parti se prépare déjà pour les élections fédérales de septembre 2013. « Notre but, c’est l’entrée au Bundestag », annonce Bernd Lucke d’une voix convaincue.

L’euro en ligne de mire

Mais comment veulent-ils abolir l’euro ? Petry, Lucke et Metzger proposent une mesure radicale et simple. D’abord, les Etats membres de l’UE qui sont le plus affectés par la crise devraient rétablir une monnaie nationale en plus de l’euro, leur permettant par la suite de sortir de la zone euro. Ensuite, ce serait aux autres pays de se prononcer librement pour ou contre l’euro. La procédure pourrait être mise en place en 5 ans.

Le parti « Alternative für Deutschland » se réjouit d’une grande popularité parmi les électeurs conservateurs et libéraux, qui se montrent frustrés de la politique menée par les partis gouvernementaux FDP (libéraux-démocrates) et CDU (démocrates-chrétiens). Parmi les intéressés, on trouve des économistes, des juristes, des professeurs d’université, et d'autres personnages éminents. Quelques membres de l’extrême droite s’intéressent au mouvement, ce qui a récemment fait la Une des journaux.

En observant la popularité du nouveau parti en Allemagne, une question se pose à tous. Les partis établis risquent-ils de perdre un nombre important de vote aux prochaines élections fédérales en faveur de l’AEP ? Il ne faut pas tirer de conclusions hâtives puisque le parti doit encore se constituer et prendre position par rapport aux autres enjeux politiques actuels. Toutefois, il est conseillé à Angela Merkel de prendre garde à ce nouveau petit rival.




Je suis Manuel, étudiant ERASMUS en Droit à l'Université Lyon II. Je viens d'Allemagne mais j'ai… En savoir plus sur cet auteur