Beth Hart, is she the one ?

21 Septembre 2013


Une voix rauque, intenable sur scène, un public transcendé devant une prestation musicale phénoménale… Janis Joplin ? Sharon Jones ? Tina Turner ? Non, plutôt un concentré de talent de ces dernières : Beth Hart. Retour sur une carrière hors-norme.


Crédit Photo -- D.R.
Passionnée depuis son plus jeune âge par la musique, l’artiste en herbe commence le piano dès 4 ans. Quelques années plus tard, elle s’inscrit à l’école secondaire des arts de la scène de Los Angeles pour y étudier le violoncelle et le chant classique. Mais très vite, son professeur de chant l’invite à écrire ses propres partitions. Jugé comme le seul moyen pour l’épanouissement de la jeune fille, l’artiste peut enfin montrer toute l’étendu de son talent. Sur ses conseils, elle délaisse le cursus classique pour découvrir les prestations scéniques en solo.

En 1993, la jeune chanteuse fête ses 21 ans, et commence à fréquenter les clubs de Los Angeles. Sa carrière est lancée. La même année, la toute nouvelle artiste est découverte dans Star Search (ancêtre de The Voice) avec une reprise de Melissa Etheridge, « Like the Way I Do ». Dans la foulée, Beth Hart sort son premier album, Beth Hart and the Ocean of Souls, avec son célèbre titre, « Am I The One ? », remis au goût du jour en 1996 dans son album Immortal. Six ans plus tard, la chanteuse à la voix rauque sort son troisième album Screamin’ For M ySupper avec le titre phare de sa carrière « L.A Song ». Elle obtient aussi le rôle clé dans une comédie musicale appelée Love, sur la relation entre Janis Joplin et sa mère.

En 2003, Beth Hart sort un nouvel album pour conquérir l’Europe. Peu à peu reconnue par la profession, la chanteuse a déjà une belle carrière. Une partie de l’Europe découvre Beth Hart, même si l’Allemagne a déjà bien accueillie l’artiste. Comme beaucoup de chanteurs, l’artiste sombre dans la drogue et l’alcool. L’anorexie vient s’ajouter à ses soucis de bipolarité toujours présent mais de plus en plus grave. Sans conteste une période noire de sa vie, elle n’assure plus sur scène quand elle ne rate pas ses concerts. Maigre, yeux écarquillés, avec un air perdu, Beth Hart a triste allure. Elle arrive cependant à remonter la pente grâce à son mari et manager, Scott Guetzkow, qui restera à ses côtés pendant toutes ces épreuves. Mieux, une foi tirée d’affaires, Beth Hart revient plus grande, plus forte, plus mature, prête à éclabousser le grand public de toute sa classe.

La victoire de la « chansons à texte »

Elle écrit de véritable « chansons à texte » pour partager avec son public les étapes qui ont marqué sa vie. Dans « Sister Heroine », Beth Hart évoque sa douleur face à la perte de sa sœur. « Am I The One » nous laisse entrevoir à quel point elle se sent seule. Sa voix exceptionnelle (peu de chanteurs peuvent se targuer d’avoir un organe pouvant couvrir trois octaves) lui permet de revenir peu à peu sur le devant de la scène. Avec une facilité déconcertante, elle mélange le blues rock et la soul. En 2003, elle apparaît sur l’album Banana de Deep Purple, puis elle enchaine des featuring exceptionnels, comme avec Les Paul, le créateur de guitares du même nom, guitariste reconnu pour son talent, ou Neal Schon, guitariste et membre fondateur du groupe Journey. Plus récemment, en 2009, Slash lui propose un duo pour leur nouvel album.

Devant un succès grandissant, Beth Hart and the Ocean of Souls est re-edité la même année que son duo avec Slash. Elle s’expatrie des États-Unis, une nouvelle fois, pour se produire sur des petites scènes, et offrir à son public notamment européen des show-cases. Son album de reprise en collaboration avec Joe Bonamassa, Don’t Explain, marque la renaissance de l’artiste et sa remontée vers la gloire. Avec un public désormais élargi, elle fait l’Olympia en mars 2013 à l’occasion de la tournée européenne pour promouvoir son dernier album, Bang Bang Boom Boom. En montant sur les planches de cette scène mythique, Beth Hart réalise l’un de ses plus grands rêves. La chanteuse explique ce qui rend l’Olympia si exceptionnelle. C’est la première grosse scène en Europe d’Aretha Franklin. Elle aura même la chance de revivre ce rêve une deuxième fois en mars 2014 avec le succès de son dernier album.

Son passé, désormais derrière elle, Beth Hart fait son grand retour prête à tout déchirer. Ses erreurs, ses difficultés ont forgé sa voix et ses textes de sens, pour notre plus grand bonheur. Posez vous dans votre canapé, fermez les yeux et laissez vous transporter dans l’univers de cette chanteuse à la voix rauque. C’est une artiste à ne pas manquer.




Ex-rédacteur en chef du Journal International. Etudiant en science politique à l'université Lyon… En savoir plus sur cet auteur