Zimbabwe: des progrès pour la démocratie

18 Février 2013



Depuis 30 ans, le dictateur Robert Mugabe gouverne le Zimbabwe d'une main de fer. Le pays est toujours loin d’être un Etat de droit démocratique. Un certain nombre de personnes a perdu espoir mais, récemment, les partis gouvernants se sont mis d’accord sur une révision constitutionnelle. Cependant, une amélioration du pays grâce à ce nouveau texte vivement discuté reste incertain.


Zimbabwe: des progrès pour la démocratie
Jeudi 14 février 2013. À l’occasion du jour de la Saint Valentin, des millions de couples du monde entier célèbrent leur amour et leur vie ensemble.
Au Zimbabwe, les membres de WOZA (Women of Zimbabwe Arise) doivent toujours lutter pour une vie paisible, dans un pays bouleversé par la violation des droits fondamentaux et une crise économique. Le 14 février dernier, des femmes courageuses ont manifesté pour la paix et l’amour dans les rues d’Harare, la capitale.
Pendant que Robert Mugabe, président de la République et dirigeant de son parti Zanu-PF, décrètait le 16 mars comme date du référendum constitutionnel, la police ont attaqué les 195 manifestantes avec du gaz lacrymogène. Quelques heures après, l’association WOZA a annoncé que 25 femmes ont été blessées.
Un événement choquant qui remet en cause le Zimbabwe dans son évolution en un Etat de droit, où le prochain référendum donne un brin d’espoir à la population de ce pays d'Afrique australe, en route pour la démocratie.

Il y a 4 ans, après les dernières élections, le dictateur Mugabe a formé une coalition gouvernementale avec le parti MDC (Mouvement pour le Changement Democratique), géré par son adversaire Morgan Tsvangirai, ce dernier étant devenu Premier ministre. Ce changement politique a entraîné de longues délibérations sur une nouvelle constitution.
En janvier 2013, les citoyens du Zimbabwe prennent connaissance d’une nouvelle incroyable : finalement, les partis gouvernants se sont mis d’accord sur un texte constitutionnel.
Récemment, le Parlement a approuvé le projet et le 16 mars, c’est au peuple de donner son avis. Le texte constitutionnel devrait susciter de vives discussions. En attendant, il faudra trouver les 250 millions de dollars nécessaires pour l’organisation du référendum et la tenue d’élections démocratiques pendant le deuxième trimestre 2013.

La ministre Priscilla Mushonga (MDC) est satisfaite de ce résultat. Elle admet "qu’on devait faire des compromis" mais souligne que le texte garantit les droits fondamentaux et une société plus ouverte. De plus, la Constitution limite le mandat du président à 10 ans et le rôle du Parlement est renforcé puisqu’il peut influencer le travail des services secrets.
Des hommes comme Lovemore Mabhukhu veulent empêcher l’entrée en vigueur du texte. « Ce texte pose les mêmes problèmes que la Constitution actuelle », selon ce professeur de droit à l’université d’Harare et dirigeant de l’organisation non-gouvernementale NCA (National Constitutional Assembly). Les adversaires de la nouvelle constitution critiquent toujours les pouvoirs exorbitants reconnus au président, une méconnaissance de la séparation des pouvoirs et la conservation de la peine de mort.
Les citoyens zimbabwéens doivent décider s’il faut empêcher cette révision ineffective de la constitution actuelle ou l’accepter comme un petit pas vers la démocratie. Une chose est sûre : la responsabilité de l’ONU, de l’UE et des pays voisins dans leur soutien pour cette avancée est majeur.

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Manuel Leidinger
Je suis Manuel, étudiant ERASMUS en Droit à l'Université Lyon II. Je viens d'Allemagne mais j'ai... En savoir plus sur cet auteur