Le Costa Rica, l'écologie comme empreinte

Carla Ortuño Guendell
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3 Juillet 2013



Aussi surprenant que cela puisse paraître, le Costa Rica est aujourd'hui un des pays pionnier en terme de protection de son environnement. Alliant mesure de préservation et éco-tourisme, le petit pays d'Amérique centrale assoit sa nouvelle économie en pleine croissance. Décryptage d'une réussite.


Crédit Photo -- AFP
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Le terme « Costa Rica » - Côte Riche – est apparu en 1539, un doux nom donné par le conquérant espagnol Francisco Fernández de Córdoba, pour illustrer la richesse de la flore et de la faune qui l’avait abasourdi lors de son séjour. Cette appellation est toujours d'actualité, elle correspond à l'importance que le pays accorde à la préservation de son environnement. Comme suite à l’abolition de l’armée en 1948, le Costa Rica s’est attardé sur la répartition du budget : à la santé, à l’éducation et notamment à l’environnement. Ce petit pays, qui se trouve au cœur de l’Amérique Centrale entre le Nicaragua et le Panama, a aujourd’hui triplé son PIB, dans le même temps il a aussi doublé la dimension de ses forêts en seulement 25 ans.

Le Costa Rica est un minuscule pays à l'échelle mondiale ne représentant que 0,03% de la superficie terrestre à l’échelle mondiale, et pourtant, il savoure avec fierté sa place dans la liste des 20 pays ayant la plus vaste biodiversité, et il peut se targuer de posséder plus de 4% de la biodiversité mondiale. En tout, le Costa Rica protège sévèrement plus du 26% de son territoire terrestre et plus de 9% de son territoire maritime, en zones écologiques protégées. 13.75% de ces zones sont strictement protégés de toutes extractions en ressources naturelles. Cela démontre l’engouement croissant du pays pour la protection de l’environnement. Le pays cherche à maintenir son statut de pionnier en cette matière, préservant sa forêt, celle-ci représentant plus de 50% de son territoire. Toute cette richesse environnementale est due à sa position géographique, à ses deux côtes et à son paysage montagneux qui fournissent des microclimats essentiels à l’existence de son écosystème unique, ce dernier abritant plus de 500 000 espèces dont 300 000 sont des insectes.

Cependant, tout ce qui brille n’est pas d’or, puisque l'histoire passée cache des moments obscurs portant sur la situation environnementale au Costa Rica. Lors des années 70-80-90, la déforestation massive a éclipsé la « vertu verte » du pays. La part du territoire déboisé est passée de 36% en 1960 à 58% en 1977, 68% en 1984 à 89% en 2000. Cette déforestation est issue de la demande d’une population croissante, du développement de l’élevage et des choix économiques tournés vers l’exportation des produits agricoles et agroalimentaires. À ce moment-là, la conscience écologique des citoyens s’avérait quasi inexistante. Mais en 1996, le Costa Rica a créé un programme de paiement pour services environnementaux qui constitue un virage à 360 degrés, prémisse d’un avenir fructueux pour les domaines environnementaux. La préservation de l’environnement symbolise la clé économique du pays celui-ci a profité de cette richesse naturelle pour en faire d’elle une attraction touristique imbattable. L’écotourisme représente 5% du PIB et en 2011, le nombre de visites a atteint 2,2 millions de touristes étrangers, ce qui démontre que le tourisme est l’incontournable moteur du progrès national.

Sous la protection d'un « Ange Gardien de la Planète »

Preuve de la ferveur environnementale, Randall Arauz, protecteur costaricien des océans, a été nommé « Ange Gardien de la Planète » par le Congrès Fondateur des Jeux Verts lors de la Conférence Globale pour le Développement Durable qui a eu lieu à Paris. Ce biologiste costaricien fait maintenant partie des 100 Anges Gardiens venant des 4 coins du monde, qui visent à inspirer les enfants à chercher des solutions pour les problèmes environnementaux les plus communs. D’ailleurs, le 12 juin 2013, le lycée costaricien « Liceo de Flores » a officiellement inauguré son programme « Cosecha de Agua de Lluvia » (Récolte d’Eau de Pluie). C’est un système de tuyauterie et un réservoir de 10 000 litres qui permettraient au lycée d’épargner 8 millions de litres d’eau par an. Cela représente un des nombreux exemples de programme mis en place pour rendre la population plus consciente de l’importance de l’environnement.

Il reste encore du chemin à parcourir afin de réaliser l’objectif que le gouvernement costaricien s’est fixé en 1995 : chercher à mettre en place les mesures adéquates pour assurer la protection de 90% de sa biodiversité. Néanmoins, l’avenir s’annonce prometteur pour ce pays qui, seulement pour le programme national d’eau potable, investit 105,36 millions d’euros. Qui plus est, en 1991, le Costa Rica a affirmé avec conviction son attachement à la préservation des ressources naturelles et à un tourisme écoresponsable. Le pays s’est aussi prononcé sur son désir de vouloir devenir la première nation « carbone neutre » en 2021, un objectif que d’autres pays, tels que la Norvège et les Maldives, se sont fixé également.

Le Costa Rica profite de son statut de protecteur de l’environnement pour attirer des investissements étrangers et les reconnaissances internationales, et ainsi renforcer sa puissance économique. Il a pour objectif de maintenir ce statut et d’ainsi collaborer à la lutte contre le réchauffement climatique. Pour lutter contre ce sujet qui est extrêmement débattu ces derniers temps, il faudrait que les autres pays du monde suivent le modèle écologique du Costa Rica, un petit pays en taille, mais très grand et sage en connaissance environnementale.

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